Maison des Consuls, Place du Mercadial

Saint-Céré, dans le Lot, a vu naître l’écrivain Pierre Loti, auteur d’un beau récit de voyage dans la Perse du début du XXe s. : Vers Ispahan (1904).
”Vers Ispahan” : c’est à un voyage à travers les motifs décoratifs habillant les mosquées et les palais d’Iran qu’invitent trois artistes.

Maryam Diot, prenant l’occasion de ce projet collectif et le temps d’une exposition, opère dans son œuvre un détour et explore des voies à la fois nouvelles et ancestrales : elle réinterprète les arts figuratifs et géométriques au sein desquels elle a vécu.

Sur la voie figurative, elle décline la figure du cyprès, selon différents motifs inscrits dans la pierre antique de la cité impériale de Persépolis puis dans l’art persan de la miniature, de la céramique et, particulièrement, du tapis, ce jardin intérieur. C’est que le cyprès, de par son élévation, est également un motif poétique : il évoque la femme et le divin, au long des vers amoureux et mystiques de la poésie persane – qu’on pense à Hâfèz de Chiraz.

Sur la voie géométrique, Maryam Diot adopte les motifs des céramiques qui habillent les mosquées d’ocres et de bleus qui ont tant fasciné Pierre Loti. Elle les applique au tampon, à la manière dont sont imprimés les tissus qui font la renommée d’Ispahan.

Maryam Diot conjugue ces motifs figuratifs et géométriques à ses abstractions organiques, tissées à la matière sensible de la toile, où se tiennent l’air et la terre, l’eau et le feu, la lumière et la vie. “Libres comme l’air”, ces éléments du monde ne sont pas retenus par un cadre, ils s’offrent en tentures dans l’espace qu’ils habitent. L’artiste associe donc les éléments architecturaux et décoratifs de son Iran natal à la liberté “naturelle” de sa peinture ; elle accorde, dans une grammaire subtile, la nature et la culture qui, en elle, font leur œuvre.